face à une émotion

La seule chose qu’on apprend enfant face à une émotion, c’est de la combattre ou de l’ignorer. « Calme-toi. » « Passe à autre chose. » « Ce n’est rien ! » Vous savez que ça ne marche pas, je pense qu’on l’a tous éprouvé. Ce que vous ne savez peut-être pas, c’est que la recherche le confirme : quand vous essayez de supprimer une émotion, votre corps réagit… plus fort. En fait, il l’amplifie : le cœur accélère, le cortisol monte… En essayant de ne pas ressentir on ressent davantage.
 
Alors on fait quoi ?
 
 
Il y a un geste mental d’une grande simplicité. Quand une émotion se manifeste, tentez de mettre un mot dessus. Le but est d’aller plus loin qu’un simple « ça va pas ». Il s’agit de trouver le mot le plus juste, le plus proche de cette émotion : déception, frustration, culpabilité…
 
En 2007, le neuroscientifique Matthew Lieberman a mesuré ce qui se passe dans le cerveau quand nous nommons. L’amygdale (la zone qui déclenche la réaction) se calme. Un mot, et le circuit cérébral change. Et plus le mot est précis, plus c’est efficace. Dire « Je suis en colère », c’est bien. Mais dire : « Je suis vexé parce qu’on n’a pas écouté mon avis »… c’est plus précis, et ça provoque une meilleure régulation.
 
Je vous invite à tester à la prochaine émotion qui monte : cherchez le mot juste, qui décrit votre vécu. Vous allez sentir quelque chose bouger, se transformer. C’est presque un dialogue qui s’instaure avec l’émotion et l’invite à refluer… C’est une façon de couper l’alerte, de dire à notre corps qu’on est présent à ce qui se passe.