Le Mythe de la Dépendance Affective – Rick et Morty

On nous fait croire depuis toujours qu’être aimé est une condition essentielle au bonheur. Comme si, sans l’autre, on n’était qu’un être incomplet, condamné à l’errance émotionnelle. Pourtant, cette idée enferme plus qu’elle ne libère. Elle alimente un mythe dangereux : celui de la dépendance affective.

Prenons Rick et Morty. Morty incarne parfaitement cette quête désespérée d’approbation. Il cherche à être aimé, reconnu, quitte à s’oublier lui-même. Son attachement excessif aux autres l’empêche d’exister pleinement, comme s’il avait besoin d’une validation extérieure pour se sentir légitime.

Et que dire de cette idée romantique selon laquelle l’amour doit être une fusion ? Derrière cette belle illusion, se cachent la peur de l’abandon, la perte d’identité et parfois même la manipulation. Dans la série, les relations toxiques sont légion : amour sous conditions, chantage affectif, jeux de pouvoir… autant de pièges dans lesquels beaucoup tombent, croyant que l’amour doit tout absorber.

Mais alors, comment aimer sans s’enchaîner ? La réponse est simple : il faut apprendre à être bien seul avant d’être bien à deux. L’amour ne devrait pas être un besoin, mais un choix. Un partage libre et équilibré, qui ne nous définit pas, mais qui nous enrichit.

C’est là que Rick et Morty va plus loin. Derrière son chaos absurde et ses aventures interdimensionnelles, la série nous rappelle une vérité essentielle : tout est éphémère. Rien ne dure éternellement, et c’est justement cette impermanence qui rend la vie précieuse. Ne pas s’attacher à une illusion, mais accepter le changement, c’est la clé pour aimer sans se perdre.

En somme, la dépendance affective est un leurre. Mieux vaut apprendre à se suffire à soi-même, à cultiver son indépendance, plutôt que de chercher chez l’autre un morceau de soi qui nous manque. Car au final, le véritable amour, c’est celui qui ne nous enferme pas, mais qui nous laisse libres.

Si tu ne supportes vraiment pas d’être seul, que tu as tendance à t’accrocher à tes relations jusqu’au bout, ou si tu mets toujours ton partenaire avant tes besoins, il est possible que tu sois ce qu’on appelle codépendant. Mais évidemment, c’est loin d’être aussi simple, parce que oui, la codépendance, c’est surtout avoir besoin d’être nécessaire et de vivre dans une dynamique où une personne dépend de l’autre pour se sentir valide, et où l’autre a besoin de cette dépendance pour se sentir utile et exister. Donc, plutôt qu’être face à deux individus autonomes qui s’apportent du soutien mutuel, on est plutôt confronté à une relation qui fonctionne comme deux poteaux inclinés : si l’un tombe, l’autre s’effondre aussi. Et c’est donc là que réside toute la différence avec une relation saine et interdépendante. Car dans ce qu’on va qualifier de relation équilibrée, quoi que cela puisse vouloir dire, chacun devrait être capable de se suffire à lui-même tout en étant ouvert au soutien de l’autre. La relation devrait favoriser le développement personnel au lieu de l’entraver, et surtout, les partenaires peuvent exister individuellement mais choisissent d’être ensemble. Là où, au contraire, la codépendance va étouffer la croissance personnelle de chacun, voire détruire l’identité d’un ou des deux partenaires.

Gros merdau, c’est comme si tu ne savais pas nager et que quelqu’un te laissait t’accrocher à lui pour que tu puisses kiffer un peu. Tu as capté ? Donc là, tu te sens en sécurité, mais le souci, c’est qu’en étant accroché, l’autre personne ne peut pas revenir au rivage, et toi, tu ne veux pas la lâcher par peur. Et donc, l’autre personne ne va pas te laisser tomber parce qu’elle a absolument besoin de se sentir nécessaire, même si son propre équilibre en est compromis. Et c’est ce paradoxe, et je remarque qu’on utilise beaucoup trop ce terme, qui rend la codépendance si difficile à briser.

Et donc, du coup, là, tu dois te demander : mais pourquoi est-ce qu’on devient codépendant ? Et en même temps, je suis sûr que tu as un élément de réponse, parce que souvent, on ne choisit pas de l’être, on le devient au gré des expériences de vie, notamment dès l’enfance. Par exemple, si tu étais ignoré dans ta famille, tu t’es sûrement adapté pour faire passer les besoins des autres avant les tiens, car c’était un moyen d’obtenir de l’amour. Tandis que chez d’autres personnes, ça peut venir d’une peur de l’abandon ou alors d’une peur d’être seul avec soi-même, etc. Et du coup, la chose intéressante derrière ce truc qui n’a pas l’air très, très cool, je te l’accorde, c’est qu’il n’existe pas un seul schéma de relation codépendante, et qu’apprendre à les identifier, c’est déjà un bon moyen pour commencer à se dire : est-ce que la relation dans laquelle je suis impliqué est réellement malsaine pour mon développement ?

Et c’est pour ça que pour parler d’un sujet aussi sérieux, j’ai pris Rick et Morty comme outil d’analyse, parce que non, Rick et Morty n’est pas forcément la série philosophico-complexe que beaucoup nous vendent. Et parler de nihilisme ou d’existentialisme à toutes les sauces pour décrire le show me semble pas mal oné, en tout cas, surtout quand on voit à quel point c’est souvent évoqué mais jamais réellement utilisé. La série est surtout le bac à sable créatif de son créateur, et c’est lui-même qui le dit. Et cette dernière s’amuse parfois à être complexe pour se moquer justement des séries complexes. Bref, c’est une bonne série, pas un concentré de philosophie, et c’est pas parce qu’elle te récompense quand tu lui apportes de l’attention qu’elle est forcément pas faite pour les cons, en tout cas selon moi.

Et un autre thème que je n’ai pas encore vu beaucoup traiter, voire quasi jamais, et qui pourtant est présent de l’épisode 1 jusqu’à encore la fin de la dernière saison, c’est le sujet de l’abus et surtout de la codépendance, qui est dépeinte à travers de nombreux personnages. Et on va utiliser ces patterns pour répondre à une autre question : qu’est-ce qui fait d’une relation une relation codépendante ? Et on va faire ça en commençant avec CyberGhost VPN, qui sponsorise cette vidéo, parce que oui, pour briser ta codépendance à la navigation web non sécurisée et t’apprendre à enfin protéger ta vie en ligne, ce qui devrait être une priorité, et bien, tu as CyberGhost VPN. Mais la gun, qu’est-ce que c’est ? Et bien, c’est un logiciel qui permet d’avoir une navigation sécurisée sur Internet et donc éviter d’être piraté ou victime de sites malveillants, tout en te permettant de masquer ton adresse IP et chiffrer tes données afin de surfer anonymement depuis n’importe quel réseau Wi-Fi public, voire même pour accéder à tes contenus préférés disponibles sur des plateformes de streaming partout à travers le monde. Puis, avec tout ça, CyberGhost VPN, c’est disponible sur 7 appareils simultanément, et c’est aussi 38 millions d’utilisateurs et d’excellents avis sur Trustpilot. On n’oublie pas que le service client est disponible en français absolument tout le temps, tout ça avec 83 % de réduction et les quatre premiers mois offerts avant de partir sur un abonnement de juste 2 € par mois. Et évidemment, pour éviter toute codépendance, tu as une garantie satisfait ou remboursé sous 45 jours. Alors, clique sur le lien en description pour naviguer en toute sécurité avec CyberGhost VPN.

Et maintenant, pour le vrai premier schéma, abordons directement le personnage central de la série : Rick. Bien qu’on sache qu’il est l’humain le plus intelligent et tout le tralala, Rick, surtout dans les premières saisons, est le manipulateur qui cherche avant tout à garder sa famille et ses proches à ses côtés, quitte à compromettre leur propre sécurité. Et bien qu’on pourrait penser que c’est avant tout la preuve d’un amour caché ou mal exprimé, il se trouve que c’est surtout la démonstration de sa codépendance envers ses proches, et ça, à travers son désir égoïste d’obtenir son propre petit confort émotionnel, malgré les conséquences sur ceux qu’il manipule. Car effectivement, Rick s’attache très vite aux autres et a peur d’être laissé seul avec lui-même. Mais un aspect très important de la psychologie du personnage, c’est surtout qu’il s’investit dans des relations où il s’impose et ne change pas pour autrui, mais ordonne de façon insidieuse le changement chez autrui, notamment en se rendant indispensable matériellement ou émotionnellement, chose dont il est un peu conscient vu son besoin au début de la série d’éviter toute forme de thérapie familiale. Puis aussi, dans le cadre de ses relations amoureuses, dont notamment dans celle qui est la plus intéressante, je parle de sa dynamique avec Unity, une entité qu’on pourrait aussi qualifier de codépendante, car elle repose dans sa relation avec Rick sur un effacement de soi. Et là, en gros, pour être simple, Unity, c’est une conscience collective capable de contrôler des populations entières et qui, de fait, a le pouvoir de devenir n’importe qui et d’être tout le monde à la fois. Donc, à première vue, elle semble détenir le pouvoir, vu qu’elle peut contrôler des planètes très facilement. Mais avec Rick, la dynamique s’inverse complètement : au lieu de diriger, elle se soumet ; au lieu d’exister en tant qu’entité propre, elle se fragmente pour correspondre au désir de son amant ; et au lieu de maintenir son contrôle, elle le perd totalement. Bref, toutes leurs relations illustrent la manière dont les personnes codépendantes se transforment pour satisfaire les besoins de leurs partenaires, au point d’y sacrifier leur propre identité. C’est la priorisation pure des désirs de l’autre, au point d’en cesser d’exister en tant qu’individu. Et à force d’être avec Rick, Unity est tellement absorbée par son besoin de lui plaire qu’elle oublie de gérer sa propre existence, ce qui mène à l’effondrement total de sa société. Et comme toutes ces relations, Rick alimente cet effondrement, non pas par cruauté, mais parce qu’il ne cherche pas une partenaire, mais plutôt une échappatoire. Et il s’entoure de relations codépendantes parce qu’elles lui permettent d’éviter toute véritable vulnérabilité émotionnelle. Parce que concrètement, pour Rick, tant qu’on coule à deux, on n’a jamais besoin d’apprendre à nager seul. Et de l’autre côté, Unity est attirée par Rick précisément à cause de son incapacité à changer, et parce que certains codépendants recherchent souvent des personnes à réparer. Bref, ce genre de relation est voué à l’échec, car pour qu’elle fonctionne, Unity doit cesser d’être Unity, et Rick doit cesser d’être Rick, et ni l’un ni l’autre n’en est capable. Donc, un des deux doit nécessairement disparaître au profit de l’autre. Et cette relation basée sur l’effacement est encore bien différente du deuxième cas, c’est-à-dire la relation qui était basée sur une forme pervertie de validation mutuelle. Je parle bien sûr de Beth et Jerry. Et pour mieux comprendre, ici, on a d’un côté Jerry, qui était faible, toujours en insécurité et en quête permanente d’approbation, avec toute son estime de soi qui était dépendante du regard des autres, en particulier celui de sa femme. Tandis que du côté de Beth, c’est bien plus insidieux, parce que bien qu’elle prétende n’avoir besoin de personne dans son attitude, elle est, sous cette façade, tout aussi dépendante de Jerry que lui l’est d’elle, à la différence près que Beth a besoin que Jerry soit faible. Elle a besoin d’un partenaire pathétique et en demande constante, pour qu’elle puisse se sentir supérieure. Oui, bref, elle ne cherche pas un partenaire, mais plutôt un subordonné. Et le plus sournois vient du fait que lorsqu’ils se sont séparés, et ben, ils sont devenus misérables. Mais quand ils sont ensemble, et ben, ils sabotent leur propre bonheur. Mais bon, dans la suite, sans trop spoiler, leur relation restera toujours un chaos, mais ce sera un chaos qu’ils essaieront de surmonter ensemble. Et ce mariage foireux peut montrer que la codépendance n’a pas besoin d’être une condamnation à perpétuité. On peut continuer à rester accroché tout en commençant doucement à lâcher prise, parce que parfois, la chose la plus effrayante n’est pas de perdre la personne dont on croit avoir besoin, c’est de réaliser qu’on n’en avait jamais besoin pour exister.

Ce qui va m’amener à présenter le cadre le plus général, mais en même temps sûrement le plus présent et intéressant selon moi : celui du codépendant qui tire sa valeur personnelle du fait d’être nécessaire dans toutes les situations. Et pour analyser ça, on va utiliser le fameux Mister Meeseeks, l’incarnation la plus fine de la codépendance poussée à l’extrême, car il a été créé pour accomplir une tâche précise, et toute son existence est basée sur le fait d’accomplir cette tâche, puis de disparaître. Mais si elle échoue, son existence devient juste une souffrance insoutenable. Et crois-le ou non, mais pour certaines personnes, la vie est réellement basée sur ce pattern, quasiment de temps. Si la personne ne parvient pas à aider quelqu’un, elle se sent inutile, ou si son aide est refusée, elle le prend personnellement. Et attention, aider les autres n’est clairement pas mauvais en soi, au contraire, c’est l’un des fondements de la connexion humaine, blabla, je t’apprends rien. Mais il y a une différence entre vouloir aider et avoir besoin d’aider pour se sentir digne d’exister. Et c’est même ainsi que de nombreuses relations codépendantes deviennent manipulatrices, voire destructrices, parce que lorsqu’une personne construit toute son identité sur le fait d’être indispensable, elle fera tout pour garder ce rôle, même si ça signifie rendre l’autre dépendant, même si ça signifie inventer des problèmes pour les résoudre, même si ça signifie se perdre complètement dans le processus. Les Meeseeks ne cherchent pas à faire du mal, mais plus ils existent longtemps, plus ils deviennent désespérés, et ce désespoir se transforme en violence. Et c’est exactement ainsi qu’une personne codépendante peut, sans le vouloir, devenir étouffante, voire oppressante, parce qu’au fond, elle ne cherche pas seulement à aider, elle en a besoin pour survivre.

Mais maintenant, prenons un peu de recul sur nos chaises, parce que peut-être que tu t’es un peu reconnu dans ce que j’ai dit, et comme une séance d’astrologie, tu commences à te voir dans tout et à paniquer. Et là, je te conseille de souffler et me laisser t’expliquer en quoi cette notion de codépendance reste au moins à 50 % de la grosse connerie. Parce que oui, quelque chose que je n’ai pas mentionné au début, mais qui me semble très important de dire, c’est le fait que le terme codépendance est aujourd’hui utilisé un peu à tort et à travers. Une simple recherche sur Google te donnera des milliers d’articles qui te présentent ça comme un grave trouble psychologique, un fléau relationnel toxique, voire même une malédiction à fuir absolument. Et donc, grosso modo, si tu aimes te sentir responsable des émotions des autres, avoir la validation de ton ou ta partenaire, voire même si tu as peur de l’abandon, bon bah GG, selon Internet, tu es codépendant, et c’est forcément négatif. Mais voici le problème : cette idée repose en grosse partie sur un mythe. En même temps, pas laisse-moi m’expliquer. Bien que certains schémas relationnels puissent être malsains, c’est évident, la manière dont nous parlons de codépendance tend souvent à pathologiser la connexion humaine normale. Elle promeut un peu un idéal de totale autosuffisance émotionnelle qui non seulement semble irréaliste, mais qui va même à l’encontre de notre biologie dans certains cas. C’est pour ça qu’il faut remettre les choses en perspective en se rappelant que déjà, le terme codépendance est apparu à l’origine dans le traitement des addictions. À l’époque, ça décrivait comment les proches de personnes dépendantes pouvaient se retrouver émotionnellement enfermés dans des dynamiques d’autosacrifice et d’encouragement volontaire au comportement destructeur. En gros, si ton partenaire était un fumeur, pour qu’il se sente bien, tu l’encourageais à fumer. Mais au fil du temps, le terme a été appliqué bien au-delà de ce cadre, et surtout dans les années 80-90, là où les livres de développement personnel, toujours les mêmes filous, ont commencé à qualifier de codépendance toute forme de dépendance émotionnelle. Si tu aimes trop, donnes trop, ou si tu as trop besoin des autres, hop, tu es victime de dysfonctionnement affectif. Encore plus aujourd’hui, quand la culture du bien-être repose majoritairement sur une logique 100 % personnelle, basée sur le soi-même et le fait de ne pas chercher de validation externe. Et si tu en es incapable, c’est que quelque chose ne va pas chez toi. Sauf que cette approche a un énorme défaut : les êtres humains sont biologiquement programmés pour la connexion, et ça, c’est logique. En bref, la dépendance relationnelle n’est pas toujours un problème, ou en tout cas, pas le problème qu’on veut croire.

Maintenant, l’avantage de généraliser ce terme, c’est qu’il permet de regrouper dans une catégorie ceux qui ont le syndrome du Sauveur, les manipulateurs, les abuseurs, les saboteurs, les solitaires, les serials divorceurs, et cetera. Enfin, bref, tous ceux qui ont du mal à maintenir des relations saines et durables sur le long terme. C’est un gros mot pour éviter de devoir à chaque fois spécifier une pathologie. Et bien que le terme reste aussi nébuleux que de parler de troubles mentaux, chaque professionnel qui a son diplôme devrait quand même pouvoir savoir ce qui se cache derrière cette marque. En tout cas, là où je voulais en venir, c’est que les relations saines sont interdépendantes, et encore heureux. Il est normal de s’appuyer sur son ou sa partenaire, il est normal de se sentir plus en sécurité avec lui, et une relation équilibrée n’est pas une coexistence entre deux îlots émotionnels séparés, mais un système de soutien mutuel où chacun garde son individualité. Le problème ne vient pas de la dépendance, il vient de la personne dont on dépend. Donc, un bon partenaire favorise ton épanouissement et t’apporte un sentiment de sécurité, et un mauvais partenaire freine ton évolution et te fait sentir piégé. Et Rick et Morty illustre parfaitement le fait que personne n’est vraiment totalement indépendant, pas même l’homme le plus intelligent du multivers, et qu’il faut donc trouver des personnes qui nous élèvent, pas qui nous diminuent, qui nous permettent de grandir, pas seulement de survivre, et qui répondent à nos besoins sans nous faire disparaître. Parce que la vraie connexion, ce n’est pas de se perdre dans l’autre, mais de s’y retrouver.

Le Mythe de la Dépendance Affective à travers Rick et Morty