Vous ne tombez pas amoureux par hasard : Florentine d’Aulnois-Wang

Thérapeute de couple et fondatrice de l’« Intelligence Amoureuse », Florentine d’Aulnois-Wang le dit sans détour : on ne tombe pas amoureux par hasard. On recrute — souvent parfaitement — le partenaire qui appuiera sur nos blessures… et pourra aussi nous aider à guérir.

Ce qui nous fait tomber amoureux… devient vite un reproche

Florentine raconte sa rencontre avec Édouard : elle, team impro totale ; lui, qui pèse ses pommes de terre déjà épluchées pour un gratin. Le choc de la différence. Le waouh. Puis, très vite, les premières critiques [00:02].

« Ce qui nous fait tomber amoureux de l’autre, c’est quelque chose qu’on va commencer à reprocher très vite. » [00:04]

Pourquoi ? Parce que l’autre incarne des parties de nous congelées dans l’enfance. Sa différence nous propose de renouer avec ce qu’on a lâché. Au début, c’est magique. Ensuite, ça gratte — et on veut prendre la télécommande pour le rendre « plus comme moi » [00:05].

Se disputer n’est pas un mauvais signe

Une étude britannique évoque ~312 disputes par an dans les couples. Florentine n’y voit pas un drame : se disputer est normal, même sain. Ce qui l’alerte, ce sont les couples qui « ne se disputent jamais » — souvent, il y a un monstre sous le tapis [00:06].

Le vrai danger n’est pas le désaccord. C’est de basculer de la colère (messager utile : « une de mes limites est touchée ») vers la rage et la violence, quand le cortex se débranche en mode survie [00:09]. Avec le partenaire, on s’autorise des sorties de route qu’on n’oserait avec personne d’autre [00:11]. Le monde à l’envers.

L’ennemi n’est pas l’autre. À l’occasion de lui, une émotion désagréable se réveille. On peut choisir l’engueulade… ou le lien [00:14].

Les « psychicatrices » et la poupée russe

Derrière une paire de chaussettes, un brin de muguet oublié le 1er mai, une main non tendue dans la rue, il y a souvent une petite poupée russe : cicatrices d’enfance, bleus à l’âme, mémoires encore sensibles [00:18]. De l’extérieur, ça paraît insignifiant. De l’intérieur, c’est sacré.

Florentine nomme ces blessures des psychicatrices [00:20]. Plus elles sont nombreuses, plus on a besoin d’un travail neuro-émotionnel pour rester relationnel — sinon on fight en boucle. Ce qui noie un couple, ce n’est pas de tomber dans l’eau : c’est rester la tête sous l’eau [00:21]. Le critère : après la douleur, y a-t-il encore de la joie et de la reconnexion ?

Trois critères du « recrutement » amoureux

On recrute le partenaire parfait pour appuyer sur nos blessures [00:23] :

  1. Waouh, je vois la merveille que tu es — sans voir encore ce qui est au congélateur
  2. Tu es hyper vivant là où j’ai dû beaucoup congeler (la bordélique qui rencontre le structuré)
  3. Un troisième critère plus complexe : l’autre vient aussi toucher — et potentiellement soigner — nos zones blessées

Ensuite, deux chemins : se défendre quand ça pique… ou se donner la main pour comprendre. Dans le couple, c’est gagnant-gagnant ou perdant-perdant. S’il y en a un qui « gagne », la relation perd [00:27].

Les cinq langages de l’amour

Olivier comble Françoise de voyages, bagues, véranda. Elle, elle veut sa main dans la rue. Sans le bon canal, l’amour n’arrive pas au destinataire [00:30]. Les cinq langages :

  • Cadeaux
  • Services rendus
  • Temps de qualité
  • Appréciations verbales
  • Toucher

L’enjeu : parler le langage de l’autre — souvent celui qu’on a le plus de mal à parler, celui qui nous fait grandir [00:32].

Donner la notice — et soigner les routines

Le fantasme « on se regarde et on se comprend sans rien dire » est un programme de bébé. En adulte, il faut donner la notice : « Là j’ai besoin que tu me prennes dans tes bras » / « Là j’ai besoin de 20 minutes d’espace » [00:43].

Les phases du couple : état amoureux → lutte de pouvoir → conscience (ou vies parallèles, ou séparation) [00:37]. On a la main. Demander de l’aide avant six ou sept ans de souffrance silencieuse change tout [00:22].

« L’amour, ce n’est pas forcément le grand waouh. L’amour, c’est : je ferme les volets parce que je sais que tu as peur. » [00:49]

Ne cassez pas vos routines : café du matin, baiser du soir, petits gestes. Ajoutez de l’extraordinaire, oui — mais les routines sont la trame qui tient le tissu [00:47]. Et gardez le couple au centre : les enfants passeront ; la paire restera [00:52].