Un couple sur deux se sépare : ce que font différemment les autres couples

Sur Là On Discute, la thérapeute Marylise (psychologue, thérapie de couple) répond à une statistique qui fait peur : un couple sur deux se sépare. Ce n’est pas « on ne sait plus aimer ». C’est souvent qu’on a mal compris ce que dure un amour — et ce qu’il demande vraiment.

Mettez le monde sur pause

Jamais autant de conseils amoureux. Et pourtant, la moitié des couples finissent. La question n’est pas « qui a tort ». C’est : qu’est-ce que font différemment ceux qui tiennent — sans magie, sans partenaire parfait, sans passion permanente façon film.

La sécurité n’est pas l’ennemie du désir. C’est souvent le terrain où le désir peut enfin oser se montrer.


Sécurité et désir : le faux duel

L’idée reçue est tenace : trop de sécurité = passion morte, couple « ami », zéro sexy. Marylise retourne le cadrage. Pour beaucoup, « sécurité » sonne comme amicalité fade. Or la stabilité et la confiance permettent justement d’oser — dire un désir profond, explorer une intimité plus riche, tenir dans la durée sans jouer au poker émotionnel.

Le désir des débuts, lui, est une forme de pulsion amplifiée par la nouveauté. Stimulation cérébrale, attraction forte : ce n’est pas « mieux aimer », c’est un état biochimique intense. Le confondre avec le seul vrai amour, c’est programmer la désillusion.


La passion évolue — elle ne « meurt » pas forcément

L’état passionnel du début (dopamine, nouveauté, « c’est complètement fou ») n’est pas biologiquement tenable en continu. Si on le prend pour norme, on lit chaque baisse comme un échec. Or le désir fluctue : plus, moins, autrement. Il s’entretient — Marylise parle d’un feu à nourrir — pas d’une flamme qu’on exige allumée 24 h/24 sans bois.

Après quelques années, comparer au premier mois est un piège. Moins d’intensité brute ≠ absence d’amour. Ça peut être le passage d’un état amoureux à un sentiment amoureux — une distinction que l’épisode souligne, et qui fait exploser des couples entiers quand on la rate.


Libido en baisse ≠ alarme. Tendresse absente = oui

Une baisse temporaire de libido (stress, parentalité, fatigue) est normale. Ce qui doit alerter davantage : la disparition totale de la tendresse — affective, verbale, physique.

Pas seulement les caresses. Aussi : prendre le temps d’embrasser en rentrant, les mots doux, les gestes qui disent « tu comptes » sans forcément mener au sexe. Quand la séduction et le désir baissent mais que la tendresse tient, le couple a encore un tissu vivant. Quand la tendresse s’éteint, le lien se déshydrate — même si on « fonctionne » encore en colocataires organisés.


Les mythes romantiques qui cassent le réel

Séries, films, comédies romantiques, littérature : ils vendent souvent l’illusion du partenaire idéal censé réparer toutes les blessures d’enfance. Résultat : attentes impossibles, déceptions programmées, « ce n’est plus comme avant » lu comme preuve qu’on s’est trompé de personne.

Ce n’est pas « arrêter de rêver ». C’est arrêter d’exiger d’un humain qu’il soit scénario + thérapeute + dopamine permanente. Les couples qui durent acceptent une part de prose — et y mettent quand même du soin.


Anxieux / évitant : le malentendu qui s’installe

Quand un profil anxieux (qui cherche à maintenir le lien, parfois par la confrontation) croise un profil évitant (qui fuit dans le silence), chaque micro-blessure non dite devient scénario : « il/elle ne m’aime plus » vs « il/elle m’étouffe ».

La confrontation n’est pas toujours « amour ». Le silence n’est pas toujours « indifférence ». Sans expression et apaisement des petites blessures, le décalage s’aggrave. Marylise insiste : ce n’est pas « être dur pour montrer qu’on aime » — c’est souvent une tentative inconsciente de retrouver le lien… qui le fragilise.


Ce que font (vraiment) les couples qui tiennent

Pas un secret magique. Un investissement conscient : bienveillance, environnement de confiance où l’on peut lâcher le masque. Faire équipe. Et une dynamique simple, presque trop sobre pour les romans — résumée dans l’esprit du « pardon, merci, je t’aime » : réparer, reconnaître, dire le lien.

La longévité n’est pas « ne jamais se prendre la tête ». C’est savoir revenir. Ne pas transformer chaque dispute en verdict. Ne pas se coucher dans le ressentiment comme règle absolue — mais ne pas non plus nier le conflit. Faire équipe, encore.


Ce que ça change pour l’amour

Sur Amourologie, cet échange recentre trois leviers concrets :

  • Sécurité ≠ ennemi du désir — c’est souvent la condition pour oser une intimité vraie, durable.
  • Distinguer baisse de libido et mort de la tendresse — le premier peut être passager ; le second est un signal à prendre au sérieux.
  • Quitter le mythe du réparateur parfait — et travailler le duo anxieux/évitant : dire les micro-blessures avant qu’elles deviennent procès.

Aimer longtemps, ce n’est pas prolonger artificiellement le pic des débuts. C’est apprendre à aimer quand la nouveauté n’est plus le moteur — et que la confiance le devient.

Conclusion

Un couple sur deux se sépare : ce n’est pas une condamnation, c’est un rappel. Les autres ne sont pas « chanceux ». Ils entretiennent un feu, protègent la tendresse, démontent les mythes, et font équipe — y compris quand le désir fluctue.

Et vous : dans votre relation actuelle (ou la dernière), qu’est-ce qui a le plus manqué — la sécurité pour oser, la tendresse au quotidien, ou le courage de dire les micro-blessures avant le silence / la dispute ?

Source : Là On Discute — avec Marylise, psychologue et thérapeute de couple. Synthèse Amourologie (sans timings).