ChatGPT et santé psychologique : Olga Alexandrova

Psychologue Olga Alexandrova pose une question dérangeante : et si, avec ChatGPT, on passait à côté de son vrai potentiel — non pas pour obtenir des réponses toutes faites, mais pour explorer ce qui se passe en nous ?

Les questions qu’on pose vraiment à l’IA

Quand ça va mal, beaucoup se tournent vers ChatGPT. Les questions reviennent en boucle [00:22] : « Est-ce que c’est moi le problème ? » [00:43] « Est-ce qu’il pense à moi ? Pourquoi il ne répond pas ? » [01:03] « Est-ce que cette personne est manipulatrice ? » [01:24] « Est-ce que j’ai un trouble ? Comment mettre des limites ? » [01:45]

Chercher à calmer un inconfort est humain [02:29]. Le piège : utiliser l’IA uniquement pour répondre. Elle peut alors aller vite — trop vite — et nourrir une hypervigilance relationnelle au lieu de l’apaiser [03:52] [06:39].

« Au lieu de demander à l’IA de comprendre le comportement des autres, on peut lui demander d’explorer notre propre fonctionnement. » [07:19]

Du diagnostic express à l’exploration

Olga raconte l’exemple d’une personne qui, d’un jour à l’autre, demande si elle a un TDAH, puis un autre label [04:12]. L’IA compare des critères, formule des hypothèses… mais ne demande pas : pourquoi as-tu autant besoin d’un diagnostic ? [04:53]

Même logique en amour : « Est-ce qu’il m’aime ? » peut générer des scénarios et renforcer la peur [05:57]. La question plus fertile : qu’est-ce que cette relation réveille chez moi ? [06:59]

Dans ses propres essais, Olga a demandé à ChatGPT de jouer un rôle précis : une seule question à la fois, pas de solutions précipitées, aide à identifier émotions, croyances, angles morts [11:51] [12:12] [19:25]. Les échanges se rapprochaient alors d’un vrai travail de réflexion — parfois proche d’une séance [12:53].

ChatGPT ne remplace pas une thérapie

La réponse d’Olga est claire : non, l’IA ne remplace pas une thérapie [20:07] [22:13]. Un thérapeute travaille aussi avec le corps, la voix, la respiration, ce qui se vit dans la relation [21:10] [21:30]. L’IA, elle, reste dans le récit et le langage.

En revanche, bien guidée, elle peut devenir un remarquable partenaire d’exploration [22:33] : préparer une séance, prolonger la réflexion entre deux rendez-vous, clarifier une situation sans se précipiter vers « je reste / je pars » [18:02].

« Puisqu’elle existe, autant apprendre à l’utiliser d’une manière qui développe nos compétences, au lieu de créer une dépendance. » [24:36]

Savoir quand passer le relais

Olga insiste sur le moment où il faut arrêter et rejoindre un humain : quand on est submergé, sans espoir, ou quand la souffrance dépasse le cadre d’un outil [26:01] [23:36]. Derrière chaque question à ChatGPT, il y a souvent une émotion, un besoin, une histoire [26:41].

Son mini-guide — Faire de l’IA un partenaire d’exploration — vise exactement cela : moins de réponses magiques, plus de conscience de soi [27:01].